La philosophie
La mise en scène
Georges Lini a 27 ans quand il découvre le monde du théâtre. Une rencontre avec Christian Lombard, professeur d'académie, change le cours de sa vie et dirige ses pas vers le Conservatoire de Bruxelles. En 2004, il fonde le ZUT, lieu dédié à la jeune création. Une trentaine de spectacles plus tard, dont beaucoup furent récompensés aux prix de la critique, le ZUT se voit contraint de mettre la clé sous la porte en raison de l’impossibilité de subventionnement par la Communauté française. Qu’à cela ne tienne, le talent de mise en scène de Georges Lini migre alors vers d’autres lieux tels que l’Atelier 210, le Poche et naturellement le Théâtre du Méridien qui est ravi d’accueillir deux de ses mises en scène durant la saison 2011-2012.
Le texte s’impose à moi. je me laisse emporter par l’histoire et tout se met en place: Mon imaginaire s’active, je vois le décor, les acteurs et lorsque je ferme le livre je sais que je ne vais pas pouvoir faire autrement que de monter ce texte. Il ne va plus me quitter. M’accompagner dans mon quotidien.. Sa lecture me transforme, comme si ma trajectoire personnelle était déviée, un peu, un rien, mais déviée quand même. C’est pour ça que je décide de monter le texte en question, pour tenter d’avoir le même impact sur le spectateur que le livre a eu sur moi.
Les textes que je choisis sont toujours le reflet du rapport que j’ai au monde. Certains peignent, sculptent, écrivent pour exprimer ce qu’ils ressentent. La mise en scène me permet de m’exprimer. De dire au monde, à la vie, que je ne suis pas en accord avec lui, avec elle. Parce que je pense que toute démarche artistique vient de là, d’une colère, d’une tristesse, d’un refus de ce que le monde nous propose. Pour ma part je ne créerais pas si j’étais serein.
La relation entre le metteur en scène et les comédiens est un rapport avant tout de confiance, de respect et d’amour. Je ne travaille généralement qu’avec de belles personnes parce que je suis persuadé aussi qu’il y a un lien entre celles-ci et le fait que ce soient de bons comédiens. Je veux que nos rapports ne soient pas que professionnels, le respect ne se base pas que sur le résultat. On peut passer à côté d’une mise en scène, un acteur peut passer à côté d’un rôle, ne pas répondre à mes attentes, sans pour autant ne pas être à la hauteur. C’est de l’art. On a le droit de chercher. De chercher et peut-être de ne pas trouver. Nous nous nous exposons, quoiqu’il arrive. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui se mettent ainsi en danger.
Ce que je préfère dans la mise en scène c’est la recherche. Avoir un tas d’interrogations et trouver sur le plateau, avec les comédiens, avec l’équipe, surmonter au compte-gouttes les obstacles, avancer à pas lents, sentir la pression monter... c’est passionnant. C’est un travail d’équipe.






