Le Théâtre du Méridien a la volonté d’impliquer des artistes plasticiens (peintres, sculpteurs, photographes) dans le processus de création théâtrale. Une seconde lecture des pièces vous est proposée à travers le travail de ces artistes.
Lisette Delooz
Née à Bruxelles en 1940, Lisette Delooz suit des études de gravure et illustration du livre à L’Ecole Nationale des Arts Visuels de la Cambre. Elle quitte ensuite la Belgique pour le Maroc où elle s’établit comme graphiste indépendante pendant 25 ans, réalisant affiches, logos, mise en page et illustrations de la Grande Encyclopédie du Maroc ou livres pour enfants. Elle dessine plus de 60 timbres-poste (principalement la faune et la flore du Maroc).De ses voyages en Espagne, en Inde, au Laos et en Thaïlande, elle ramène quantité de carnets de croquis.
Egalement portraitiste, Lisette Delooz exécute des huiles sur toile dont l’originalité consiste à placer le modèle dans un environnement personnalisé.
Rentrée en Belgique en 1990, Lisette Delooz se consacre à une oeuvre personnelle axée sur l’érotisme, l’anatomie et la mort.Peu intéressée par la beauté conventionnelle, Lisette Delooz s’attache à représenter l’aspect burlesque des gens et des choses. La technique des oeuvres présentées au Théâtre du Méridien allie collages et photos qui, reproduits en gris clair, servent de fond sur lequel elle dessine à l’encre de chine pour finalement rehausser le tout à l’aquarelle et aux crayons de couleur.
L’univers satirique d’Alfred Jarry étant en adéquation avec celui de Lisette Delooz, « Ubu Roi » l’a inspirée pour quelques créations supplémentaires qui prennent résolument place au sein de l’exposition présentée au Théâtre du Méridien en seconde lecture du spectacle en plein air.

André Soupart
Né à Lumumbashi au Congo le 10 octobre 1943, cinéaste – photographe, André Soupart poursuit depuis plusieurs années déjà, à travers ses clichés, l’expression d’un sentiment d’appartenance de l’être au cosmos, par la fusion du corps aux éléments naturels tels que l’eau et le rocher, ou incrusté dans des stratifications géologiques ou par glissement du corps au paysage.
De Montréal à Saint Malo en passant par Köln, le photographe, s’exporte, expose et s’impose en maître de l’objectif. Qu’il s’agisse du corps, du paysage ou des forêts dévastées, ces œuvres, tantôt violentes, tantôt méditatives se déploient en diptyques ou en triptyques et nous interpellent par leur force.
«Scènes recréées, revécues, ces photographies reflètent cette dimension sublime : rejoindre la force de la scène, recontacter un passé, un mystère permanent, une mémoire vive, intime, archaïque. Il est rare qu’en photographie se trouve le prolongement de l’art sacré. Les images «religieuses» liées aux cultes n’ont pas vraiment d’équivalent, même si ce que font certains artistes photographes inspirés, autour du sacré ou de l’image du Christ, par exemple, a une dimension métaphysique ou mystique.
Y aura-t-il un jour, dans les cathédrales, à l’instar des tableaux religieux, des photographies entourées, comme je l’ai vu en songe, de cierges allumés ?Nées d’un impérieuse nécessité, faites sous la dictée, ces photographies n’exigent donc aucun commentaire. Elles sont.»
Joëlle Delhovren
Joëlle Delhovren est née en 1959 à Bruxelles où elle travaille et vit toujours.Après ses études aux Beaux-Arts de Bruxelles en illustration, elle a travaillé comme indépendante mais n’y a pas trouvé l’épanouissement attendu. C’est pourquoi, début des années 90’, elle s’est immergée dans la peinture, «une activité solitaire, un art de l’individuation». Joëlle Delhovren a suivit des cours à l’atelier Arié Mandelbaum / Etyen Wéry à l’école d’art de Uccle pendant 7 ans.
Ses tableaux représentent des portraits d’hommes et de femmes. Nus ou habillés, on voit la tête, le buste mais rarement au-delà des membres supérieurs. L’humain est essentiel. «Les paysages ne m’ont jamais donné envie de les peindre, ni les objets. Mais si je devais commencer à le faire ce serait sans doute pour leur relation avec l’humain.» Les visages, surdimensionnés, occupent toute la surface de la toile. Le sujet et le tableau ne font qu’un. L’aspect de la peau et les traits du visage sont accentués pour montrer le caractère, que «l’âme dépasse le portrait».
Didier Goessens

Né en 1962, Didier Goessens a été pratiquement «élevé» dans les académies des Beaux-Arts, où se sont rencontrés ses parents. Il continuera à parcourir les lieux, comme une seconde maison, tantôt gardant la pose, tantôt s’exerçant précocement à la gravure, au croquis, au monotype, à la sculpture, la photo ou la céramique. Didier Goessens a de nombreuses cordes à son arc : publicité, décors pour défilésspectacles, illustrations de mode (Marie-Claire, Flair, Feeling, nombreuses collaborations avec Olivier STRELLI, Gérald Wathelet, expo universelle Séville 92, ...), recherches graphiques, création internet, enseignement du dessin de mode (La Cambre-Bruxelles, IFPME-Liège). Il expose très régulièrement en Belgique, en France et en Espagne. Le Théâtre du Méridien a choisi d’exposer la série des « Lévitants » qui invoquent une quête d’absolu. « Je ne dispose pas des mots pour le dire. Le papier, l'encre, et le geste. Hommes, femmes, libérés d'un golgotha. La lévitation, pas un envol, corps et âme libres, simplement libres. » Ses toiles ont l’élan et le jaillissement des croquis nés sans préméditation. Virtuosité du geste et émotion sont perceptibles dans ces oeuvres où les écritures se superposent. Glacis des fonds, transparences d’où surgit quelque scarification, lignes fluides, traces de couleur lancées d’un mouvement arrondi... Sur les toiles s’animent des silhouettes, dont certaines, dépouillées de tout détail réaliste, tendent à l’abstraction...
Dominique Lomré



Dominique Lomré, né à Liège en 1957, vit et travaille en Italie depuis 1984. Il expose régulièrement en Belgique et à l’étranger. Le Théâtre du Méridien a privilégié son travail sur la Femme afin de le présenter en miroir de ses spectacles “Aspartame” et “Vivarium”. Femmes séparées de tout, emprisonnées dans leur destin… Femmes entravées de lanières, bardées de bandelettes, étouffées par d’amples tchadors… L’artiste a forcé tous ces êtres à un repli intérieur, il les a cloués du dedans, dans un recul, une résignation silencieuse. “Mes corps ont toujours des gestes infimes : une légère inclinaison du cou, les bras ballants, gestes qui n’expliquent rien, ne veulent absolument rien raconter. Pour le moment, un visage viendrait tout gâcher, en dire trop, justement. Je veux qu’il y ait beaucoup de silence dans mes peintures.” Dominique Lomré recourt à un medium exigeant, les encres et brou de noix sur papier, travaillés dans la fluidité de la lumière. Réalisé en une seule séance, chaque portrait fait preuve d’une grande rigueur dans un métier magnifiquement accompli.
