Gisèle Deneumoustier, Jean-Pierre Lipit
Gisèle Deneumoustier n’est jamais à cours d’inspiration. Ses souvenirs heureux, malheureux même, donnent naissance à ses plus belles gravures. Regarder est le verbe clef. Elle se souvient, et se rappelle pour mieux faire rêver ceux et celles qui oublient de voir, tant ils sont pressés. Artiste, éprise de rigueur -la plus grande qualité à ses yeux pour un graveur-, elle possède ce merveilleux esprit d’enfance qui donne des ailes à l’imagination, la force courageuse de croire et le pouvoir d’encore et toujours s’étonner. Belge et fière d’être bruxelloise, Gisèle s’est mise à la gravure vers douze ans. Son talent fut reconnu au concours Alphonse Muller en 1986 et à la Triennale d’Ixelles en 1988.
Avec ses “hommes à ressort”, Jean-Pierre Lipit nous impose l'image de la mort d’une façon dérisoire ou comique, rarement tragique, souvent "vivante". Ses animaux, les oiseaux, surtout les chiens, ont progressivement envahi son oeuvre. Leur présence met en exergue les tourments, les joies et les angoisses des hommes.Denyse Willem
Depuis près de 40 ans Denyse Willem passe à côté des modes et nous offre une peinture universelle à la fois signifiante et signifiée. Partant de l’histoire, de la mythologie, de l’iconographie chrétienne mais, aussi de contes, de fables et de la vie quotienne, elle nous peint le désir, l’amour et la violence, la vie et la mort, la femme et l’homme, sortes de tragi-comédies qu’elle met en scène de
façon magistrale dans des décors somptueux et raffinés, sous des éclairages finement étudiés. Ses personnages caricaturés, maquillés, musclés, sont stéréotypés, seuls leur attributs et leur taille les différencient. Figures hiératiques presque iréelles, ils sont étonnamment vivants : malgré une impression de statisme, on sent un souffle d’énergie, de violence, qui nous déroute.Claudine Ruelle
Trente ans d'enseignement ont freiné la fréquence des expositions de Claudine Ruelle (°1941) sans qu'elle se décourage jamais. Après une trop longue éclipse, elle a révélé sa nouvelle veine : le paysage. Elle abandonnait ainsi les corps tourmentés, blessés par la vie, source d'une inspiration antérieure. Elle revient vers l'an 2000 avec de grands paysages sur un support rigide : le panneau. La liberté côtoie la rigueur et les matériaux les plus divers sont anoblis. Le bois se mêle harmonieusement à l'acrylique au pastel et la mine de plomb. L'abstraction flirte avec la réalité.Fabien Claude
Je travaille sur des séries, donc sur des ruptures. Par mes origines, je suis particulièrement sensible aux frontières, à ce non dit, dans l'usage des mots, d'un corps ensauvagé par d'autres sons. Mon lieu est cette ligne de partage entre deux horizons, ce bord, cette limite d'une appartenance vécue, non pas dans une nostalgie, mais dans la sollicitation d'un ailleurs. Peindre est une manière d'apprivoiser, de parler une langue tout en étant parlé par une autre langue.Herman Bertiau
Malgré le côté provocateur de ce travail, il n’est nullement question ici de se moquer ou de bafouer une culture. Il s’agit bien plutôt de réfléchir aux interdits, aux rapports de pouvoir, et à l’intoléance qui sévissent encore sous toutes les latitudes, et dont les femmes sont les premières victimes.Né à Bruxelles en 1953, caméraman, photographe, voyageur, Herman Bertiau n’a pas cessé depuis une vingtaine d’années d’exposer ses oeuvres en Belgique et à l’étranger et d’en éditer certaines en volumes.